The artist

Arles pour la photo, Angoulême pour la BD et Chaumont pour… ? Le graphisme pour sûr et son célèbre Festival International de l’affiche et des arts graphiques qui a lieu cette année du 26 mai au 3 juin. Ils affluent de tout part pour assister aux colloques, animations, workshops, concerts et expositions d’affiches d’artistes venus de plus de 60 pays. Un événement international qui réveille les ambitions des uns, les souvenirs des autres et rend compte à tous de l’évolution d’un art qui accompagne notre quotidien. Une bonne occasion de balader sa curiosité du côté de la Haute-Marne.

En savoir plus : www.chaumont-graphisme.com

Gangster story

Passionné de films de gangsters ? Fan de l’Amérique des années 1930, de chapeaux melons, de mitraillettes et de grosses Cadillacs blindées ? On a trouvé de quoi vous faire rêver, moyennant tout de même un petit aller-retour à Las Vegas. Au cœur de la ville du jeu a ouvert le fascinant musée du Crime organisé. Tout un programme… Dirigé par un ancien agent spécial du FBI et créé en collaboration avec des experts du sujet (dont l’ex-agent Joe Pistone alias Donnie Brasco), le Mob Musuem a trouvé place dans l’ancien tribunal fédéral de la ville, bâti en 1933. Entre objets, photos, projections et exclusivités (le mur contre lequel furent exécuté 7 membres du gang Bugs Moran par les hommes d’Al Capone est exposé ici) résonnent encore des bruits de fusillade…

Pour en savoir plus : www.themobmuseum.org

A l’eau !

2012 a commencé en grande pompe en Chine… Le dragon célébré en début d’année devra se mouiller les écailles en juin, à l’occasion de la fête des Bateaux-Dragons. Tradition millénaire, l’événement rend hommage au grand poète de l’Antiquité Qu Yuan, mort pour la patrie en se jetant dans un fleuve. Une date symbolique animée par la célèbre compétition de bateaux qui sortent leurs plus belles parures pour offrir un spectacle d’une rare beauté. Dégustations de « zongzi » spécialité à base de bambou, danse et musique nous plongeront au cœur de la Chine antique.

Pour en savoir plus : www.chine-informations.com

PAMPELUNE est une fête

Située au centre de la Navarre, entre les vallées pyrénéennes du nord et les plaines fertiles de la vallée de l’Èbre au sud, Pampelune est la capitale de la communauté forale de Navarre. Appelée Iruña en basque, il s’agira de ne pas la confondre sur les panneaux signalétiques avec Irun, la tristounette ville-frontalière que l’on croise une fois arrivé en Espagne par Hendaye. Peuplée de près de 200 000 habitants, Pampelune fait l’objet d’un double pèlerinage : celui des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle – dont le chemin traverse la Navarre en passant par Pampelune –, et celui des fêtards du monde entier qui s’y donnent rendez-vous chaque été à l’occasion des célèbres Sanfermines, les fameuses fêtes de San Fermin (Saint-Firmin). Connues dans le monde entier, les fêtes de Pampelune doivent leur renommée internationale à Ernest Hemingway qui en fit le cadre de son roman Le Soleil se lève aussi. Après le Carnaval de Rio et la Fête de la bière à Munich, les Sanfermines de Pampelune sont considérées comme les troisièmes plus grandes fêtes au monde, tout simplement ! Ce sont alors près de 3 millions de fêtards qui sillonnent les rues de la ville pendant les 9 jours que durent les célébrations ! Vêtus d’une chemise et d’un pantalon blanc, foulard rouge et écharpe nouée à la ceinture, tous vivent au rythme des encierros matinaux, des corridas l’après-midi, et des multiples animations qui embrasent nuit et jour le vieux Pampelune.

Le Vieux Pampelune, théâtre des festivités
Niché entre la rivière Arga, la Citadelle et le quartier moderne de l’Ensanche, le vieux Pampelune déroule ses ruelles étroites autour d’un réseau de charmantes places, dont l’emblématique Plaza del Castillo. Bordée de bâtiments à arcades des XVIIIe et XIXe siècles, cette grande place est depuis le Moyen Âge le point de rencontre des habitants de Pampelune et le lieu de concentration des festivités. C’est ici qu’est installé le Café Iruña, illustre établissement fondé en 1888 où Hemingway avait ses habitudes. Prix Nobel de littérature, le célèbre romancier américain était un inconditionnel des fêtes de Pampelune et un visiteur assidu jusqu’à l’éclatement de la guerre civile. Son roman Le Soleil se lève aussi, publié en 1926, apporte la gloire à l’écrivain ainsi qu’une renommée internationale aux Sanfermines. Dans les arènes de la ville, lieu de pèlerinage des aficionados du monde entier, un buste en bronze lui rend hommage. Mais à Pampelune, fête des taureaux par excellence, c’est dans les ruelles étroites et les grandes places de la vieille ville que l’on trouvera l’âme de la fête : chupinazo sur la Plaza Consistorial, encierros dans la Calle Estafeta, tournée des bars dans les rues Navarrería, Comedias ou Espoz y Mina, processions, fanfares, défilés de géants, mais aussi concerts sur la Plaza de la Cruz, le Paseo Sarasate et la Plaza del Castillo, et surtout une foule infatigable et joyeuse qui parcourt ces rues à tout moment du jour et de la nuit.

Culture et gastronomie
Tout autour de la Plaza del Castillo, les ruelles recèlent de bars à pinchos, ces tapas typiques des terres basques qui ont pour particularité d’être élaborées sur une tranche de pain. Incontournable du genre, le bar Gaucho est le meilleur ambassadeur de cette gastronomie miniature. Situé juste à côté de la Plaza del Castillo, cet établissement mise sur la qualité des produits et la créativité dans la composition, proposant des pinchos aussi sophistiqués que « l’artichaut de Navarre confit au foie gras, œuf poché et sel de jambon »… Les riches plaines agricoles de la Ribera, au sud de Pampelune, approvisionnent marchés et restaurants en produits réputés dans toute l’Espagne, tels que le pimiento de piquillo de Lodosa, qui fait l’objet d’une appellation d’origine contrôlée, et les asperges et artichauts de Tudela, omniprésents dans la cuisine locale. Après un bon repas, il est de coutume de commander un petit verre de « patcharán », une liqueur de prunelles qui oscille entre 25 et 30° d’alcool. Consommé depuis le Moyen Âge en Navarre, ce digestif est aujourd’hui populaire dans toute l’Espagne, bien que sa production demeure presque exclusivement locale. La Vinoteca Murillo, prestigieuse maison fondée en 1890 et installée au cœur du vieux Pampelune, est une étape indispensable pour faire des provisions de patcharán ou de vins espagnols. En remontant la calle Curia, on découvre la Cathédrale Santa María, dont la sobre façade néoclassique cache un splendide cloître baroque datant du XIVe siècle. Quelques vestiges de l’église primitive romane sont exposés dans le Musée de Navarre, situé à proximité. Installé dans un ancien hôpital qui conserve une belle façade Renaissance, ce musée renferme toute la mémoire visible du Royaume de Navarre à travers une riche collection de vestiges, objets et peintures.

Informations pratiques

  • QUAND : Avec une température annuelle de 13°C en moyenne et un climat aux influences méditerranéennes et océaniques, Pampelune est une ville agréable à visiter toute l’année. Mais la période la plus intéressante pour découvrir la ville correspond bien sûr aux Sanfermines, du 6 au 14 juillet.
  • DURÉE : Deux jours sur place sont suffisants pour s’imprégner de l’ambiance et parcourir le centre-ville. Pampelune étant située en plein centre de la Navarre, c’est aussi un excellent point de départ pour explorer la région (dans ce cas, comptez au moins 4 ou 5 jours).
  • BUDGET : Pampelune est une ville accessible aux petits budgets, avec un réseau important de pensions pas chères et de bars à tapas où l’on mange pour quelques euros. Cependant, en période de Sanfermines, les prix des établissements sont multipliés par trois, il faut donc prévoir un budget conséquent pour le logement (ou opter pour le camping !).
  • PUBLIC : Étudiants, retraités, fêtards, bons vivants, pèlerins ou aficionados : Pampelune séduit par sa culture, sa gastronomie et son ambiance, plus que par ses musées et monuments.
  • LES PLUS :
    • Un sens inouï de la fête, et pas seulement pendant les Sanfermines.
    • Tradition, folklore, bars à pinchos, horaires espagnols : on se sent vite dépaysé.
    • Oubliez les transports en commun : Pampelune est une ville à taille humaine où l’on peut tout faire à pied.
  • LES MOINS : Difficile de laisser place à l’improvisation pendant les fêtes : pour le logement, il faut s’y prendre au moins 6 mois à l’avance (et en y mettant le prix fort). Même casse-tête pour les corridas, puisqu’il est impossible d’acheter ses places à l’avance.

Reportage : Sarah Parot

Retrouvez tous les bon plans de Pampelune.

République Dominicaine : Le paradis sur terre

Punta Cana vous tend les bras ! Toute l’année, la région capte autant le soleil que les adeptes d’évasion. Du sud au nord, de Cap Cana à Uvero Alto, un paysage paradisiaque se noie dans le bleu des vagues. Un véritable musée à ciel ouvert riche d’une collection de plages aux mille visages. Dorées ou blanches, inondées de soleil ou rafraîchies de brises légères, sauvages ou secrètes, ses tapis de sables soyeux caressent tous une mer incroyablement cristalline. Familles et amis viennent donc ici se délecter d’un littoral envoûtant qui se déploie sur une quarantaine de kilomètres où quelques spots isolés assurent l’intimité aux couples en voyage de noces ou à l’amour naissant. Un éden donc qui se décline à l’envi.

Farniente et cocotiers
Si Punta Cana est le nom généralement donné à toute la partie sud-est de l’île, il ne désigne concrètement qu’une fraction de la région. Plus qu’ailleurs, c’est le spot expert dans l’art de faire pousser les complexes hôteliers qui ont presque tous les pieds dans l’eau. La formule « All Inclusive » est la plus largement répandue : ces forfaits « je profite de tout » permettent de contrôler son budget tout en assurant des journées bien remplies. Reste qu’à profiter de tous les plaisirs : barbotage dans la piscine, siestes à l’ombre des cocotiers et animations en tous genres. Le farniente, vous aimez ; du farniente, vous profiterez mais la douce oisiveté n’est qu’une option parmi tant d’autres car Punta Cana est également un immense terrain de jeu. C’est en effet un spot pleinement tourné vers les activités balnéaires. La formule « All Inclusive » est un excellent laissez-passer pour tester un maximum de sports nautiques et même de s’essayer à d’autres loisirs. Pour en prendre plein la vue, nombreux sont ceux qui vous proposeront le survol des plages en parachute ascensionnel. Pêche au gros, Spa, golf et équitation figurent au palmarès, qui compte également des loisirs plus insolites à quelques encablures. La plupart des resort proposent des journées Évasion et moult agences, comme Zip Lines Canopy, vous emmènent à l’aventure dans la forêt tropicale. Le long de la chaîne de montagnes Anamuya, un parcours de 1,5 kilomètre a été aménagé à la cime des arbres, réservant de multiples sensations fortes entre traversées de rivières et descentes en rappel. Au nord de Punta Cana, dans la baie de Samanà, vous pourrez aussi prendre un bateau pour observer les baleines s’accoupler et mettre bas entre mi-janvier et mi-mars. Mais aucune de ces distractions ne fera de l’ombre à l’activité star des lieux : la plongée sous-marine. Les conditions de chaleur et de visibilité sont parfaites pour apprécier confortablement les récifs coralliens. Qui plus est, leur faible profondeur leur permet d’être accessibles à tous.

Un défilé marin multicolore
Une fois dans le grand bleu, le silence s’installe avant que le spectacle ne commence. Les jardins de coraux aux formes étonnantes laissent fourmiller autour d’eux les minuscules gobies. Plus loin, d’importants bancs de poissons défilent en panoramique et en technicolor. Le casting est impressionnant : le poisson-perroquet vert et bleu côtoie le poisson-papillon rayé de jaune et de noir tandis que le poisson-écureuil rouge essaie de voler la vedette aux pompaneaux presque transparents. Cette superproduction tournée en décor naturel joue dans le road movie apaisant jusqu’au moment où le poisson-globe tente une scène de thriller en se gonflant à l’excès dans l’espoir de vous intimider. Les plus confirmés pourront filer vers les épaves et les amateurs de sensations fortes pratiqueront la plongée en grotte dans les cénotes ou gouffres. Les autres préféreront la tranquillité des parcs aquatiques comme Marinarium, un aquarium naturel de 40 000 mètres carrés, qui propose par exemple d’observer le comportement des requins et les raies au cours d’une excursion en catamaran à fond de verre. Le Manati Park est l’une des attractions les plus anciennes de Punta Cana. Outre la nage avec les dauphins, on peut simplement s’y promener pour admirer flamants roses, crocodiles, tortues, toucans, sans oublier le cotorra verde, le petit perroquet vert endémique de l’île. Le site a également recréé un village taïno illustrant la culture et le folklore de la République dominicaine. Des danses tribales et rituelles assurent l’animation et un petit musée présente des objets usuels, armes et ossements. Il faut prévoir une bonne demi-journée pour profiter de tout ce qu’offre le parc.

Un peuple chaud et chaleureux
Si ces visites vous ont donné envie de mieux découvrir la nature insulaire et l’authenticité des Dominicains, optez pour les expéditions dans l’arrière pays. Des guides vous proposeront d’embarquer dans leur camion aménagé pour une excursion d’une journée en direction des petits villages de campagne et des champs de canne à sucre. L’occasion unique de rencontrer et d’échanger avec les habitants. On touche ainsi de très près le quotidien et la culture des Dominicains. Avec chance, certain assisteront peut-être aussi à l’un des nombreux combats de coqs hebdomadaires. Ils se déroulent principalement en fin de semaine dans les galleras. Un modeste droit d’entrée permet de pénétrer ces arènes qui existent dans chaque village. Il faut voir les Dominicains se passionner pour ce sport national. Les propriétaires parlent doucement à leur gallinacé comme un coach rassurerait et encouragerait son boxeur. Les parieurs, eux, s’enflamment à mesure que les coqs s’échangent des coups de bec… à moins que ce ne soit l’inverse ! Ces combats ne plairont cependant guère aux âmes sensibles et aux protecteurs des animaux tant la violence qui galvanise un public essentiellement masculin peut gêner ou mettre mal à l’aise.

Santo Domingo, ville coloniale
À Punta Cana et dans ses environs, les célébrations font également partie de l’âme dominicaine. On pourra ainsi caler son séjour en fonction de ces grands rassemblements populaires. Chaque village a sa fête patronale. Feux d’artifice et concerts explosent… et les combats de coqs redoublent de parieurs. Chaque village a aussi ses traditions pour le carnaval qui a lieu deux fois dans l’année (le 27 février, jour de l’Indépendance nationale, et le 16 août, jour de la Restauration de la république). Masques et costumes multicolores rappellent les coutumes d’un passé aux racines africaines et espagnoles. Il faut sortir de la région de Punta Cana pour assister aux ambiances les plus déchaînées. Les carnavals d’envergure sont ceux de Santo Domingo, San Pedro de Macorís, Monte Cristi, Samanà, Santiago et La Vega. Si vous le pouvez, prenez le temps de découvrir ces villes au patrimoine injustement méconnu. Profitez, par exemple, d’être à Santo Domingo pour découvrir son centre historique témoignant des débuts de la colonisation. Prévoyez une bonne journée pour percer les secrets de ce site classé à l’Unesco, mais aussi pour visiter le musée de l’Ambre et faire vos achats au Mercado Modelo.

Des plaisirs à la carte
Saviez-vous que la République dominicaine est le premier pays producteur de cigares au monde avant Cuba ? Fabriqués localement, ils sont d’une très bonne qualité et relativement bon marché. Le rhum est également un produit du cru. Il se consomme à l’envi : sec, en cocktail ou assorti de cola. Une fois passé l’apéritif et les rafraîchissements, promenez-vous à la recherche d’une bonne table. Moins sophistiquée que celle des îles voisines des Caraïbes, la cuisine dominicaine n’en reste pas moins riche de spécialités. Les palais français apprécieront qu’elle soit peu épicée pour savourer pleinement ses différents arômes. Les chèvres des prés salés de la région de Monte Cristi sont particulièrement réputées. Le plat typique est le sancocho, un ragoût de légumes et de viandes. Les menus font également la part belle aux poissons et crustacés issus des eaux miraculeuses des Caraïbes. Langoustes, crabes et crevettes sont succulents. Il faut aussi demander espadon, rouget, thon et dorade. Le plus difficile est en fait de choisir. Le pays est aussi un paradis des fruits avec citrons, bananes, mandarines, noix de coco et pastèques juteuses.
À la nuit tombante, vous entendrez sûrement la rumeur musicale d’un groupe de merengue ou d’un chanteur de bachata. C’est une invitation à poursuivre la soirée dans les bars et discothèques de Punta Cana où l’on danse et l’on s’agite surtout en fin de semaine. À mesure que l’on découvre Punta Cana, on se rend donc compte que le spot est loin de se limiter à l’image de carte postale souvent répandue dans les brochures de voyages.
Punta Cana se découvre de différentes manières : par ses plages, sa nature, son mode de vie ou son histoire. À vous maintenant de partir à la découverte de votre Punta Cana !

Informations pratiques

  • QUAND : Punta Cana baigne dans le soleil toute l’année. Les périodes entre novembre et février et entre juillet et août connaissent les plus fortes affluences. L’hiver, de mi-décembre à mars, est idéal avec un climat ni trop chaud ni trop froid.
  • DUREE : Si votre objectif est uniquement les plages, une semaine vous permettra de bien en profiter. Ce sera en revanche trop court pour s’essayer aux activités pléthoriques et découvrir l’arrière-pays.
  • BUDGET : Punta Cana n’est pas une destination bon marché en ce qui concerne les dépenses du quotidien. Mais pour ce qui est des vols et séjours, les voyagistes proposent régulièrement des promotions ; les prix baissent de 20 % en basse saison. En moyenne, comptez environ 900 € à la semaine en formule tout compris.
  • PUBLIC : Pour les adeptes de farniente, de sport, de grands espaces sous-marins et terrestres. La destination comble autant les couples, les familles que les groupes d’amis.
  • LES PLUS :
    • Une offre touristique complète pour découvrir la région au-delà des plages.
    • Des formules « All Inclusive » économiques pour faire le plein d’activités sans avoir à les organiser.
    • La Mecque des sports nautiques illuminée par un soleil radieux.
    • Une faune et une flore exceptionnelles.
  • LES MOINS :
    • Le revers des resorts : la perte d’une certaine authenticité.
    • Il faut sortir de Punta Cana pour profiter du patrimoine historique dominicain et des carnavals les plus colorés.
    • L’affluence des touristes en été.
    • La cherté des services touristiques et restaurants en dehors des resorts.

Marvin le Belge

Ostende, février 1981. Le grand Marvin Gaye, star de la soul music, vient de rompre avec son label Motown et pose ses valises sur les rives de la mer du Nord sur les conseils du tourneur Freddy Coussaert. Une retraite méconnue du grand public qui se révèlera être une renaissance physique et morale, à une période difficile de sa vie. Durant cet exil, il composera la chanson Sexual Healing qui deviendra un tube planétaire et relancera sa carrière. L’office de tourisme a mis au point une application mobile pour découvrir Ostende « à travers les yeux » de Marvin Gaye. Le visiteur, qui pourra louer un téléphone pour la somme de 5 €, ou télécharger l’application, sera guidé par la voix du « Prince de la soul » et de ses proches tout au long de ce documentaire-promenade. Basses ronflantes, cuivres magiques et voix d’or, ou comment rendre la Flandre funky…

Pour en savoir plus : www.marvingaye.be/fr

Picasso joue les Anglais !

Si vous pensiez découvrir Picasso en Espagne… Attendez-vous à échanger votre billet d’avion contre un ticket d’Eurostar, direction l’Angleterre ! Le Tate Britain a mis sur pied une étonnante rétrospective, « Picasso and Modern British Art » confrontant 150 œuvres du maître avec des pièces majeures de l’art anglais. Est ainsi mis en perspective le jeu de miroir entre le génie du cubisme et les artistes anglais, parmi lesquels Francis Bacon et David Hockney. Picasso se révèle sous un autre jour au prisme de cette exposition à voir avant le 15 juillet.

En savoir plus : www.tate.org.uk

Amiens : La face cachée du bonheur

Amiens est une ville importante, et pourtant méconnue. Il est vrai qu’elle ne s’offre pas au premier venu. Sa périphérie composée de bâtisses austères, la plupart en briques rouges, et sa situation géographique bancale, à l’ombre de Paris et Lille peuvent en rebuter certain. Pourtant c’est justement là où réside la poésie de l’endroit. Découvrir Amiens demande une certaine exigence, une volonté de sortir des sentiers battus pour aller à la rencontre de personnes authentiques et d’une ville de province généreuse, capable de fulgurances.

Le coeur amiénois
Pour toucher ce qu’Amiens a d’esthétiquement de plus précieux, à savoir son coeur, on commencera par prendre son pouls, Place Gambetta. C’est à la fois le centre et le point de départ idéal pour se promener en ville. Chaque été, son carré vert est pris d’assaut par de nombreux étudiants, la ville comptant pas moins de onze facultés. Ils insufflent une ambiance festive venant ici partager leur talent de musiciens, djembé et guitare à la main. Les restaurants et bars qui bordent cette place offrent d’ailleurs un point de vue appréciable sur ce joyeux remue-ménage. Le centre ville étant pour la plupart piéton, optez pour les parkings gratuits des grands boulevards périphériques comme celui de Maignan Larivière ou Mail Albert 1er, on gagne ensuite le centre à pied, en « Velam » (contraction de « vélo » et Amiens), ou, si vous ne pouvez pas vous déplacer, via service Piéto +, qui vous conduit gratuitement à bord de petites voitures électriques.

Les reconstructions d’après-guerre
Perpendiculairement à la place Gambetta, on trouve la rue des Trois Cailloux. Large et longue artère piétonne et commerçante, elle est représentative de l’architecture du centre-ville, crayonnée en 1942 par Pierre Dufau. Il fut un acteur incontournable dans la reconstruction d’Amiens, qui a été fortement sinistrée par les bombardements de la seconde guerre mondiale. Vous trouverez dans cette rue quelque peu bourgeoise boutiques et commerces qui se prêtent volontiers au shopping. Autre élément incontournable pensé dans les mêmes élans des reconstructions : la Tour Perret. Édifiée entre 1949 et 1952, elle est longtemps restée le plus haut gratte-ciel d’Europe. Complètement dépareillée des constructions qui l’entourent, elle « manhattanise » le centre-ville, et accueillent les touristes venus par le train à Amiens.

Une ville de province généreuse, et capable de fulgurances
Amiens, et notamment le quartier de Saint-Leu, offre un bel exemple de cohabitation entre l’Homme et la nature. Ici, des ribambelles de maisons pittoresques semblent avoir été cousues le long des bras de la Somme. S’il fut autrefois un quartier pauvre tout juste animé par le commerce de textile, Saint-Leu est devenu le repère de la jeunesse amiénoise qui vient se réchauffer dans ses nombreux bars ou encore assister à un concert dans la mythique salle « La lune des pirates ». Si vous voulez passer une soirée conviviale, c’est ici qu’il faut se rendre.

Les hortillonnages ou jardins flottants
À quelques encablures, les hortillonnages sont un autre exemple de cette symbiose homme-nature, et une des visites incontournables. Il s’agit d’une succession de jardins flottants, petites parcelles de bonheur, où se pratique depuis le Moyen Âge la culture maraîchère. Radis, choux-fleurs, navets, laitues, artichauts, mais aussi cassis, groseilles, melons, poussent en toute quiétude dans cet endroit hors du temps, qui s’étend sur 300 hectares. Une faune variée a également fait son territoire, à l’image des poules d’eau, des rats musqués, des martins-pêcheurs, ou des anguilles. Pour découvrir ce paysage édénique, le mieux est de le parcourir en barque à cornet, accompagné d’un guide-batelier qui vous en expliquera tous les secrets. Un petit moment vénitien en plein Amiens.

Cathédrale Notre-Dame : magie du génie humain
Amiens vous sort à présent sa dame de coeur, la cathédrale Notre-Dame, qui participe à son rayonnement à travers le monde. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce chef d’oeuvre de l’architecture gothique, bâti entre 1220 et 1288, n’a rien à envier à Notre-Dame de Paris, tant par sa taille – elle pourrait contenir deux fois le célèbre monument parisien et sa nef est la plus haute du monde – que par sa beauté. On cède à la contemplation en sillonnant son labyrinthe octogonal, aussi appelé « Chemin de Jérusalem », long de 234 m et situé au coeur du monument. Nul doute que sa puissance mystique a déjà ému plus d’un païen ! Deux fois par an, en été et à l’occasion des fêtes de fin d’année, l’émotion monte encore d’un cran grâce à un savant jeu de lumières. La cathédrale revêt alors ses couleurs d’époque où les portails gothiques étaient ornés de coloris vifs : teintes de bleu, rouge, blanc, vert, noir, et de dorures. Le spectacle intitulé « La cathédrale en couleurs » suscite à lui-seul l’envie de venir à Amiens.

Un régime…gourmand !
Foi de picard, ici on est gourmand et pour affronter le froid, on apprécie les plats de ménagère qui tiennent bien au corps ! Les cuisinières ne lésinent donc pas sur la crème ni sur les sauces quand elles préparent la célèbre ficelle picarde qui se présente comme une crêpe garnie de jambon, de crème fraiche, de champignons de Paris, d’échalotes, et recouverte de gruyère. Sur les tables traditionnelles, on trouvera également de l’anguille, consommée depuis 1383, du canard Colvert, des haricots de Soissons, du porc d’Antan, des salicornes, de l’agneau de pré-salé, et puis du miel, de la rhubarbe, de la confiture de lait pour agrémenter les plats. Pour se rincer le gosier et maintenir la température, Monsieur misera sur la bière picarde, produite à base d’orge malté, de houblon et d’eau pure, tandis que Madame optera pour une coupe de champagne, produit par les vignobles de l’Aisne.

Demandez le programme
Culturellement, Amiens compte sur différentes structures qui composent une programmation variée. Vous pourrez notamment voir de grandes pièces à la Comédie de Picardie, qui plus est un endroit charmant. De belles expos de peinture, de sculpture, ou d’objets médiévaux et archéologiques sont présentées au musée de Picardie, qui à lui seul est une oeuvre d’art, alors que la Maison de la Culture chapote tout ce qui est de l’ordre du cinéma et des spectacles vivants. Pour côtoyer l’esprit brillant d’un ancien amiénois d’adoption, Jules Verne, et toucher du doigt la légende de « Vingt mille lieues sous les mers », rendez vous dans la maison que l’écrivain a habitée de 1872 à 1890, qui fut transformée en musée. L’empreinte qu’il a laissée à Amiens est si forte, que le cirque municipal, un des derniers de France à avoir été construit « en dur », porte d’ailleurs son nom. De nombreux festivals épinglent également l’agenda amiénois, comme le Festival international du film, qui fait la part belle aux films d’auteur en provenance des quatre coins du monde, le festival Musique de Jazz et d’ailleurs, qui anime gaiement les troquets amiénois au mois de mars, ou le festival Tendance, qui promeut des spectacles oscillant entre danse contemporaine, théâtre et musique.

60 ans d’émerveillement
Et pourquoi ne pas faire une halte au zoo durant votre séjour ? Depuis 1952, date de sa création, celui d’Amiens a fait se dessiner de nombreux sourires sur les visages de ses visiteurs, petits ou grands. Aujourd’hui, il fête ses 60 ans, et célèbre la loi des 6 : il s’étend sur 6 hectares, présente 60 espèces différentes d’animaux dont certaines menacées, comme le Panda roux, l’éléphant d’Asie, ou le loup à crinière, et proposera 60 animations tout au long de cette année anniversaire. Le parc est installé sur un site exceptionnel, le deuxième espace vert de la ville, et présente l’originalité d’être une île, puisque deux cours d’eau l’isolent : la Basse et la Haute Selle.
En 60 ans d’expérience, le zoo a su bien évoluer. Désormais, à l’instar de tous les zoos européens, ses trois principales missions sont la conservation, l’éducation, et la recherche. Le zoo d’Amiens souscrit depuis 2000 aux programmes européens d’élevage (EEP), et soutient divers projets de protection des espèces menacées dans leurs biotopes naturels. Dix espèces du parc s’inscrivent d’ailleurs dans ce cadre. Un secteur pédagogique et culturel a également été créé, en 1982, qui assure de nombreuses animations destinées au public scolaire, comme des présentations par les soigneurs-animaliers du nourrissage, ou encore des spectacles de médical-training avec les otaries et avec les éléphants. Une programmation culturelle annuelle propose des évènements artistiques. Le parc zoologique d’Amiens se démarque également du côté de la Recherche, il collabore à l’avancée des connaissances scientifiques en mettant à disposition des spécialistes des informations ou prélèvements biologiques et en accueillant des étudiants en éthologie ou d’écoles vétérinaires. Ses multiples réorientations ont fait recette, puisque le parc a doublé son nombre de visiteurs en dix ans, pour atteindre un niveau record en 2011 : 147 000.

Les immanquables

  • QUAND : En venant à Amiens, il serait dommage de louper les hortillonnages, dont les visites ont lieu entre avril et octobre. Les cinéphiles miseront sur le mois de novembre durant lequel la ville organise un festival du film. À savoir également : Amiens propose au mois de décembre le marché de noël le plus grand du nord de la France.
  • DUREE : Un week-end de deux jours est idéal. Prévoir trois jours si vous souhaitez faire une escapade en baie de Somme.
  • BUDGET : Vous trouverez aisément des hôtels, en plein centre-ville, offrant des chambres simples à partir de 45 € et doubles à partir de 65 €. En ce qui concerne les restaurants, même chose. Comptez 10 € pour un déjeuner, et 15 € pour un dîner.
  • PUBLIC : En amoureux, car Amiens compte suffisamment d’endroits romantiques (quartier Saint-Leu, les hortillonnages). Seul ou entre amis pour tous les attraits culturels de la ville et en famille pour des visites au Zoo.
  • LES PLUS : Amiens est une ville à taille humaine. On peut y faire de nombreuses activités sans subir les inconvénients d’une grande ville : circulation, prix élevés, etc.
  • LES MOINS :
    • La ville est assez mal desservie par les trains. Aucun TGV ne vient jusqu’à la gare du centre ville. Il passe seulement à plusieurs dizaines de kilomètres d’ici, à Estrées-Deniécourt, en gare de TGV Haute-Picardie.
    • Malgré les efforts des structures locales, l’offre culturelle amiénoise reste assez faible.
  • UTILE : Office du tourisme d’Amiens
    Adresse : 40, place Notre-Dame – 80000 – Amiens
    Téléphone : 03 22 71 60 50
    Site Web : www.amiens-tourisme.com
    Mail : ot@amiens-metropole.com

Tous les bons plans d’Amiens.

Une excursion d’une demi-journée « Tour de l’île de Djerba » offerte

Pour toute réservation d’une semaine au Sangho Club Zarzis en Tunisie, une excursion d’une demi-journée « Tour de l’île de Djerba » (Village de potiers, Synagogue de La Ghriba, Médina..) offerte par personne, pour toute réservation de départs pour l’été 2012 (Juin Juillet août).

LOURDES : Cité mariale, carrefour du Monde

Les rues frémissent, litanies et drapeaux flottent dans les airs, partout les murmures se croisent, s’entremêlent, partagent un instant, avant de continuer leur chemin. Tous convergent vers le même lieu, pour s’arrêter là où tout n’est plus que silence, la Grotte de Massabielle. Têtes basses, robes d’ordres divers, chapelet glissant entre les doigts, lèvres entrouvertes d’où s’échappe une prière, les pèlerins respirent, espèrent et prient, d’où qu’ils viennent, dans la même communion. Ici une famille indienne aux tenues colorées prend un peu d’eau des sources, des jeunes filles japonaises sourient pour la photo devant la Basilique Notre-Dame-du-Rosaire, un Américain à l’air solitaire allume un cierge. L’humanité toute entière peuple Lourdes, les confessions différentes la font vibrer, la foi et l’espoir la font vivre.

AU RYTHME DU PELERIN
En suivant le flot continuel des pèlerins qui marchent jusqu’aux sanctuaires, dans la haute ville les chants résonnent sur les belles bâtisses bigourdanes au caractère inaltéré, avant ce triste constat : si Jésus chassa les marchands du Temple, personne ne vint déloger ceux de Lourdes. Rapidement après les apparitions de 1858, le potentiel économique que représentait l’afflux des pèlerins suscita la convoitise. Ils étaient déjà 8 000 à suivre Bernadette Soubirous lors des dernières apparitions de la Vierge Marie. Les propres descendants de sa famille ne manquèrent pas de créer les premiers hôtels, d’une cité devenue deuxième ville hôtelière de France après Paris. La rue ou le boulevard de la Grotte, les deux axes principaux pour accéder aux sanctuaires, affichent un visage commercial développé avec le tourisme religieux. On ne compte plus les Vierges à l’auréole clignotante, les hologrammes de Jésus sur sa croix…Comment, vous n’avez pas encore votre statuette-baromètre phosphorescente de Marie qui chante ?… Si Jésus jetât à terre l’argent des marchands, à Lourdes le commerce religieux risque de donner à la cité un air de temple… de la consommation pieuse.
Passées les devantures des vautours de la foi, l’arrivée aux sanctuaires est un bol d’air. Dans cet écrin, tous convergent vers la Grotte de Massabielle, dont la roche est polie par d’innombrables caresses nourries d’espoir. Le silence devant la Grotte est saisissant, la foi et l’espérance sont plus palpables que jamais. Croyants de toutes confessions ou athées, la force qui se dégage de ces prières silencieuses rappelle à l’homme son besoin naturel de croire, au divin ou à l’humain.
Le long du gave de Pau, observer le flot des pèlerins revient à passer un moment sur la cour des Miracles. Fauteuils roulants, lits médicalisés, personnel soignants et religieux se succèdent aux piscines, espérant une guérison après l’immersion dans ces baignoires de marbre contenant l’eau des sources. Un bureau des constatations étudie chaque cas de guérison, à ce jour 67 d’entre eux n’ayant pas été médicalement expliqués, l’Église les a déclarés « miraculeux ». Les premiers datent de 1862, peu de temps après les apparitions de la « Dame Blanche ».

L’ENFANT ET LA « DAME EN BLANC »
Lorsque l’on se tient au bord du gave de Pau, face à la Grotte, au pied des versants abrupts, l’endroit a beau être baigné délicieusement de soleil l’été lors des pèlerinages du 15 août, il faut se remémorer la scène en février, quand les eaux du gave, noires, grondent sous l’abondance des chutes de neige sur les sommets environnants. C’est par une journée glaciale d’hiver, en février 1858, que la fille d’un meunier, Bernadette Soubirous, se rendit vers la « tutte » aux cochons, une grotte où l’on menait ces bêtes pour les nourrir et y ramasser du bois. Levant la tête vers la Grotte, elle aperçut alors une dame, toute de blanc vêtue. L’enfant, âgée de 14 ans, d’une santé fragile, vivait à cette époque avec sa famille au lieu dit « Le Cachot ». Cette ancienne prison est un des sites touristiques les plus visités des Hautes-Pyrénées. Les traces de Bernadette sont très prisées des visiteurs, c’est le quotidien d’une famille lourdaise du XIXe siècle qu’elles révèlent. Du village de Bartrès chez sa nourrice, au moulin de Boly, on suit le témoignage d’une vie agricole précaire, marquée par les accidents et la maladie. Car Lourdes, bien que située sur la voie d’accès aux stations thermales en vogue, comme Cauterets ou Luz-Saint-Sauveur, resta à l’écart de la vague mondaine de curistes, et ne profita pas du développement lié au tourisme thermal. Pour découvrir la cité à cette époque, le passeport touristique Visa Lourdes permet, grâce à un itinéraire desservi par un petit train, de parcourir les différents musées mettant en scène la vie au XIXe siècle, tels que le musée de Lourdes pour revivre les apparitions et les remettre dans leur décor avec les costumes d’époques, le musée de Cire qui illustre la vie de Jésus et de Bernadette, ou encore le Petit Lourdes, et ses maquettes et miniatures de la cité, pour un voyage dans le temps garanti ! Et la remontée dans le temps ne s’arrête pas là : omniprésent sur la cité trône son témoin millénaire.

LA RUSE DU SARRASIN
Avant 1858 et l’épisode religieux qui lui donna ce visage mondialement connu aujourd’hui, Lourdes vécut quelques tourments. Depuis les sanctuaires, dos à la Basilique Notre-Dame-du-Rosaire, le regard est accroché par le château fort, qui trône fièrement sur son piédestal rocheux depuis des siècles. Ce vestige, vieux de plus de 1 000 ans, a vu bien des batailles et des enjeux à ses pieds, et se targue d’être invaincu. Sa position surélevée en fait un bastion de défense stratégique sur l’accès aux différentes vallées, et donc une place forte convoitée. C’est d’ailleurs un épisode légendaire qui eut lieu au château en 778, qui donna son nom à la ville, ainsi que son blason. Un Sarrasin avait pris possession du château sous le règne de Charlemagne. Ce dernier livra un siège afin de l’en déloger, mais un aigle tenant dans ses serres une énorme truite argentée vint à passer par là, et lâcha sa proie au-dessus du château. Le malin Sarrasin, bien qu’affamé, jeta avec nonchalance le précieux met par-dessus les remparts, provoquant stupeur et désarroi des troupes de Charlemagne, qui crurent, à tort, le siège loin d’aboutir. Ils levèrent le camp, et un évêque négocia le contrôle de la ville par le Sarrasin, en échange de sa reddition à la Vierge (elle semble avoir une connexion spéciale par ici !). Il prit alors le nom de « Louerda », qui signifie « la rose » en arabe. Aujourd’hui, la visite du château offre un point de vue exceptionnel sur la ville, les sanctuaires et les sommets, mais on y trouve également un jardin botanique et le musée Pyrénéen. Depuis 1921, les collections de ce musée illustrent la vie pyrénéenne sous tous ses aspects, avec d’importantes archives sur le Pyrénéisme, que son créateur Henri Béraldi, définit par « ascensionner, écrire, sentir ». Fort de ces connaissances, Lourdes se place en introduction au Pyrénéisme, pour peu que l’on sache où regarder, vers où se tourner, et savoir apprécier pleinement les instants que la vie pyrénéenne égrène, sur les pentes d’un versant, au creux d’une assiette, ou le long d’une vallée.

S’IMPREGNER DES GRANDS ESPACES
La qualité de vie pyrénéenne est une richesse, transmise de génération en génération, un véritable savoir-vivre. Si l’envie vous prend, au pied des montagnes, de vous élever, il existe d’autres moyens d’y parvenir que la voie de l’église ! Les sportifs apprécieront les balades et randonnées proches de Lourdes, comme le Pic du Jer, ascension incontournable qui offre aussi sur ses versants, de belles falaises d’escalade, ou de prometteuses descentes en VTT. L’occasion de bénéficier d’une vue sur Lourdes unique et pour le moins aérienne ! Les moins aventureux seront séduits par la montée sans effort, via le funiculaire centenaire. Dès 1900, Lourdes développe son potentiel touristique, et permet à ses visiteurs de monter à presque 1 000 mètres d’altitude afin d’observer un panorama allant du plus haut pic des Pyrénées françaises, le Vignemale, à la plaine de Pau, avec une vue exceptionnelle sur la cité. N’oubliez pas au sommet, de lever les yeux vers le ciel. A défaut d’y voir un signe, vous aurez peut-être plus de chances d’y apercevoir un rapace !
Car ici, la nature reste omniprésente. Toujours en quête de valorisation de son territoire, Lourdes a su préserver et mettre en avant son patrimoine naturel. Le lac, d’origine glaciaire, s’est formé par l’accumulation de l’eau lors du glissement d’un glacier, qui façonna les vallées et la « cuvette » où Lourdes prit place. D’aucuns prétendent cependant que ses origines ne seraient pas tant géologiques que « mythiques ». A la place du lac, il y avait un village à la population pervertie. Une intervention divine s’occupa de châtier les impétueux, qui furent engloutis par les eaux. Si l’on s’attarde un soir de novembre, au bord des eaux brumeuses, alors la cloche de l’église immergée résonnerait… Autour, la forêt de résineux promet de belles balades à pied ou en VTT, pêche ou golf sont aussi au programme, avec une aire de pique nique et de jeux pour les enfants, qui s’aventureront sur le lac en pédalo. Mais les aventures au grand air ouvrent l’appétit, et si la table doit se mériter, elle saura aussi largement récompenser vos efforts !

LA NATURE PASSE A TABLE
Si la Vierge Marie demanda à Bernadette de faire pénitence pour les pauvres, il serait fort regrettable durant votre séjour, de vous priver d’un des plus délicieux art de vivre pyrénéen ! Ici, la table est bien garnie, de produits locaux cuisinés selon un savoir-faire ancestral. Une soirée de printemps un peu fraîche, une après-midi d’automne sous la brise vivifiante, il n’en faut pas plus pour apprécier la garbure, cette soupe traditionnelle, parfois plat unique car tellement riche et complet ! Ne demandez pas ce qu’il y a dedans, la réponse ne sera jamais la même ! Car il y a de tout, des légumes du jardin bien sûr, et l’os du jambon pour apporter du goût. Certains ont même eu l’audace de prétendre qu’une bonne garbure, c’est celle où la cuillère tient debout dans l’assiette…Allez les croire, le mieux reste encore de la goûter ! Et le défilé des saveurs ne s’arrête pas là. Ici, cochon et volaille sont rois, terrines, pâtés, confits, jambons, et l’incontournable, l’empereur des rois, la majesté des seigneurs, qui doit impérativement trôner à votre table, j’ai nommé : le foie gras. Frais, mi-cuit, aux airelles, en rôti, l’éventail des possibilités n’a de limite que l’imagination, l’inventivité et la créativité de ceux qui sont aux fourneaux, autrement dit, aucune ! Un seigneur se juge aussi à sa cour, accompagné d’un verre de Madiran ou de l’élixir du bon roi Henri IV, le Jurançon. Si vous êtes rentrés bredouille de la pêche au lac, consolez-vous avec une belle truite Fario, fraichement sortie du Gave. Pour finir, après avoir apprécié le savoir-faire du fameux gâteau à la broche, cuit en versant la pâte sur un cône tout en tournant la broche au-dessus du feu, dégustez-le sachant que ce sont des heures de travail, venues de siècles de pratique. La tradition se perpétue, pour le plaisir toujours renouvelé des papilles !

LOURDES, PORTE DES PYRENEES
Alors si vous sentez le besoin d’aller dépenser des calories si délicieusement acquises, Lourdes est le point de départ vers les plus grands sites pyrénéens. À pied, en vélo, en roller, en famille, avec le chien ou la belle-mère, la voie verte est une piste de 17 kilomètres, ralliant Lourdes à Pierrefitte-Nestalas. Une belle balade le long de la vallée, pour découvrir ses villages, ses tours de guet qui se découpent, ou les oiseaux colorés qui occupent le ciel depuis l’aire de parapente du Hautacam. Un bon bol d’air agrémenté de découvertes. Si le soleil tape trop fort et que l’eau des gaves invite à la trempette, les propositions ne manquent pas pour se jeter à l’eau. Explorez les grands espaces dont jouissent les Hautes-Pyrénées, le Cirque de Gavarnie classé au patrimoine mondial de l’Unesco en tête. Cette muraille qui culmine à plus de 3 000 mètres vous laissera le souffle court, devant tant de grandeur. Passé Argelès-Gazost, les sites emblématiques se suivent et ne se ressemblent pas. La vallée de Barèges aboutit au mythique Col du Tourmalet, en basculant sur La Mongie, on atteint le point de départ du téléphérique pour le Pic du Midi de Bigorre. À 2877 mètres, embarquez dans le « Vaisseau des étoiles », l’observatoire scientifique qui a les pieds au sommet, la tête dans la galaxie. À Cauterets, les sources thermales diffusent leurs bienfaits ; comme Lamartine, Victor Hugo ou l’impératrice Eugénie, relaxez-vous dans les bains après une balade au Pont d’Espagne, dominé par le maître des lieux, le Vignemale, à 3 298 mètres. La beauté prend tout son sens, la nature est un art. À l’issue de ce séjour à Lourdes, se questionner sur un créateur n‘est pas ce qui importe le plus. Devant la magnificence de ces lieux, on peut certes s’interroger sur l’origine de ce don, mais nous devons surtout penser à la responsabilité qui nous en incombe. L’important n’est pas de savoir d’où vient ce cadeau, mais où il va.

Informations pratiques

  • QUAND Y ALLER : D’avril à fin octobre. Le reste de l’année, les sanctuaires sont ouverts, mais la ville prend des allures fantômes. Mai et juin sont assez calmes, jusqu’au début de juillet. Août est chargé, avec un pic de fréquentation la semaine du 15. Septembre-octobre marquent de belles journées après la frénésie de l’été.
  • DUREE : 2 à 3 jours. Une après-midi suffit pour découvrir les sanctuaires. Le château et les musées peuvent être vus en une journée. Prévoir plutôt une semaine pour découvrir les Grands Sites (Cauterets, Gavarnie et le Pic du Midi de Bigorre).
  • BUDGET : Entre 200 et 400 € pour une famille, sur un séjour de 2-3 jours, selon la saison. Réservation conseillée un ou deux mois à l’avance, le mois de juin et début juillet restent assez calmes.
  • PUBLIC : Culturel, destination aménagée pour les seniors, les personnes à mobilité réduite et autres handicaps.
  • LES PLUS :
    • L’émotion dégagée par la ferveur des croyants devant la Grotte.
    • Un site religieux ouvert qui se mêle plutôt bien au paysage, entre montagnes et gave.
    • Des espaces et un environnement valorisés, pour ceux qui veulent fuir un temps le tourisme religieux et profiter du cadre des Pyrénées.
    • Un patrimoine culturel et naturel fort heureusement préservé.
  • LES MOINS :
    • Les boutiques de bondieuseries au goût et mœurs discutables. Le commerce de la foi connaît peu de limites et de scrupules !
    • Une restauration ciblant de plus en plus le tourisme international, pizzerias et cuisine italienne en tête. Les tables locales n’en ont que plus de valeur !
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