Amiens : La face cachée du bonheur

Amiens est une ville importante, et pourtant méconnue. Il est vrai qu’elle ne s’offre pas au premier venu. Sa périphérie composée de bâtisses austères, la plupart en briques rouges, et sa situation géographique bancale, à l’ombre de Paris et Lille peuvent en rebuter certain. Pourtant c’est justement là où réside la poésie de l’endroit. Découvrir Amiens demande une certaine exigence, une volonté de sortir des sentiers battus pour aller à la rencontre de personnes authentiques et d’une ville de province généreuse, capable de fulgurances.

Le coeur amiénois
Pour toucher ce qu’Amiens a d’esthétiquement de plus précieux, à savoir son coeur, on commencera par prendre son pouls, Place Gambetta. C’est à la fois le centre et le point de départ idéal pour se promener en ville. Chaque été, son carré vert est pris d’assaut par de nombreux étudiants, la ville comptant pas moins de onze facultés. Ils insufflent une ambiance festive venant ici partager leur talent de musiciens, djembé et guitare à la main. Les restaurants et bars qui bordent cette place offrent d’ailleurs un point de vue appréciable sur ce joyeux remue-ménage. Le centre ville étant pour la plupart piéton, optez pour les parkings gratuits des grands boulevards périphériques comme celui de Maignan Larivière ou Mail Albert 1er, on gagne ensuite le centre à pied, en « Velam » (contraction de « vélo » et Amiens), ou, si vous ne pouvez pas vous déplacer, via service Piéto +, qui vous conduit gratuitement à bord de petites voitures électriques.

Les reconstructions d’après-guerre
Perpendiculairement à la place Gambetta, on trouve la rue des Trois Cailloux. Large et longue artère piétonne et commerçante, elle est représentative de l’architecture du centre-ville, crayonnée en 1942 par Pierre Dufau. Il fut un acteur incontournable dans la reconstruction d’Amiens, qui a été fortement sinistrée par les bombardements de la seconde guerre mondiale. Vous trouverez dans cette rue quelque peu bourgeoise boutiques et commerces qui se prêtent volontiers au shopping. Autre élément incontournable pensé dans les mêmes élans des reconstructions : la Tour Perret. Édifiée entre 1949 et 1952, elle est longtemps restée le plus haut gratte-ciel d’Europe. Complètement dépareillée des constructions qui l’entourent, elle « manhattanise » le centre-ville, et accueillent les touristes venus par le train à Amiens.

Une ville de province généreuse, et capable de fulgurances
Amiens, et notamment le quartier de Saint-Leu, offre un bel exemple de cohabitation entre l’Homme et la nature. Ici, des ribambelles de maisons pittoresques semblent avoir été cousues le long des bras de la Somme. S’il fut autrefois un quartier pauvre tout juste animé par le commerce de textile, Saint-Leu est devenu le repère de la jeunesse amiénoise qui vient se réchauffer dans ses nombreux bars ou encore assister à un concert dans la mythique salle « La lune des pirates ». Si vous voulez passer une soirée conviviale, c’est ici qu’il faut se rendre.

Les hortillonnages ou jardins flottants
À quelques encablures, les hortillonnages sont un autre exemple de cette symbiose homme-nature, et une des visites incontournables. Il s’agit d’une succession de jardins flottants, petites parcelles de bonheur, où se pratique depuis le Moyen Âge la culture maraîchère. Radis, choux-fleurs, navets, laitues, artichauts, mais aussi cassis, groseilles, melons, poussent en toute quiétude dans cet endroit hors du temps, qui s’étend sur 300 hectares. Une faune variée a également fait son territoire, à l’image des poules d’eau, des rats musqués, des martins-pêcheurs, ou des anguilles. Pour découvrir ce paysage édénique, le mieux est de le parcourir en barque à cornet, accompagné d’un guide-batelier qui vous en expliquera tous les secrets. Un petit moment vénitien en plein Amiens.

Cathédrale Notre-Dame : magie du génie humain
Amiens vous sort à présent sa dame de coeur, la cathédrale Notre-Dame, qui participe à son rayonnement à travers le monde. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, ce chef d’oeuvre de l’architecture gothique, bâti entre 1220 et 1288, n’a rien à envier à Notre-Dame de Paris, tant par sa taille – elle pourrait contenir deux fois le célèbre monument parisien et sa nef est la plus haute du monde – que par sa beauté. On cède à la contemplation en sillonnant son labyrinthe octogonal, aussi appelé « Chemin de Jérusalem », long de 234 m et situé au coeur du monument. Nul doute que sa puissance mystique a déjà ému plus d’un païen ! Deux fois par an, en été et à l’occasion des fêtes de fin d’année, l’émotion monte encore d’un cran grâce à un savant jeu de lumières. La cathédrale revêt alors ses couleurs d’époque où les portails gothiques étaient ornés de coloris vifs : teintes de bleu, rouge, blanc, vert, noir, et de dorures. Le spectacle intitulé « La cathédrale en couleurs » suscite à lui-seul l’envie de venir à Amiens.

Un régime…gourmand !
Foi de picard, ici on est gourmand et pour affronter le froid, on apprécie les plats de ménagère qui tiennent bien au corps ! Les cuisinières ne lésinent donc pas sur la crème ni sur les sauces quand elles préparent la célèbre ficelle picarde qui se présente comme une crêpe garnie de jambon, de crème fraiche, de champignons de Paris, d’échalotes, et recouverte de gruyère. Sur les tables traditionnelles, on trouvera également de l’anguille, consommée depuis 1383, du canard Colvert, des haricots de Soissons, du porc d’Antan, des salicornes, de l’agneau de pré-salé, et puis du miel, de la rhubarbe, de la confiture de lait pour agrémenter les plats. Pour se rincer le gosier et maintenir la température, Monsieur misera sur la bière picarde, produite à base d’orge malté, de houblon et d’eau pure, tandis que Madame optera pour une coupe de champagne, produit par les vignobles de l’Aisne.

Demandez le programme
Culturellement, Amiens compte sur différentes structures qui composent une programmation variée. Vous pourrez notamment voir de grandes pièces à la Comédie de Picardie, qui plus est un endroit charmant. De belles expos de peinture, de sculpture, ou d’objets médiévaux et archéologiques sont présentées au musée de Picardie, qui à lui seul est une oeuvre d’art, alors que la Maison de la Culture chapote tout ce qui est de l’ordre du cinéma et des spectacles vivants. Pour côtoyer l’esprit brillant d’un ancien amiénois d’adoption, Jules Verne, et toucher du doigt la légende de « Vingt mille lieues sous les mers », rendez vous dans la maison que l’écrivain a habitée de 1872 à 1890, qui fut transformée en musée. L’empreinte qu’il a laissée à Amiens est si forte, que le cirque municipal, un des derniers de France à avoir été construit « en dur », porte d’ailleurs son nom. De nombreux festivals épinglent également l’agenda amiénois, comme le Festival international du film, qui fait la part belle aux films d’auteur en provenance des quatre coins du monde, le festival Musique de Jazz et d’ailleurs, qui anime gaiement les troquets amiénois au mois de mars, ou le festival Tendance, qui promeut des spectacles oscillant entre danse contemporaine, théâtre et musique.

60 ans d’émerveillement
Et pourquoi ne pas faire une halte au zoo durant votre séjour ? Depuis 1952, date de sa création, celui d’Amiens a fait se dessiner de nombreux sourires sur les visages de ses visiteurs, petits ou grands. Aujourd’hui, il fête ses 60 ans, et célèbre la loi des 6 : il s’étend sur 6 hectares, présente 60 espèces différentes d’animaux dont certaines menacées, comme le Panda roux, l’éléphant d’Asie, ou le loup à crinière, et proposera 60 animations tout au long de cette année anniversaire. Le parc est installé sur un site exceptionnel, le deuxième espace vert de la ville, et présente l’originalité d’être une île, puisque deux cours d’eau l’isolent : la Basse et la Haute Selle.
En 60 ans d’expérience, le zoo a su bien évoluer. Désormais, à l’instar de tous les zoos européens, ses trois principales missions sont la conservation, l’éducation, et la recherche. Le zoo d’Amiens souscrit depuis 2000 aux programmes européens d’élevage (EEP), et soutient divers projets de protection des espèces menacées dans leurs biotopes naturels. Dix espèces du parc s’inscrivent d’ailleurs dans ce cadre. Un secteur pédagogique et culturel a également été créé, en 1982, qui assure de nombreuses animations destinées au public scolaire, comme des présentations par les soigneurs-animaliers du nourrissage, ou encore des spectacles de médical-training avec les otaries et avec les éléphants. Une programmation culturelle annuelle propose des évènements artistiques. Le parc zoologique d’Amiens se démarque également du côté de la Recherche, il collabore à l’avancée des connaissances scientifiques en mettant à disposition des spécialistes des informations ou prélèvements biologiques et en accueillant des étudiants en éthologie ou d’écoles vétérinaires. Ses multiples réorientations ont fait recette, puisque le parc a doublé son nombre de visiteurs en dix ans, pour atteindre un niveau record en 2011 : 147 000.

Les immanquables

  • QUAND : En venant à Amiens, il serait dommage de louper les hortillonnages, dont les visites ont lieu entre avril et octobre. Les cinéphiles miseront sur le mois de novembre durant lequel la ville organise un festival du film. À savoir également : Amiens propose au mois de décembre le marché de noël le plus grand du nord de la France.
  • DUREE : Un week-end de deux jours est idéal. Prévoir trois jours si vous souhaitez faire une escapade en baie de Somme.
  • BUDGET : Vous trouverez aisément des hôtels, en plein centre-ville, offrant des chambres simples à partir de 45 € et doubles à partir de 65 €. En ce qui concerne les restaurants, même chose. Comptez 10 € pour un déjeuner, et 15 € pour un dîner.
  • PUBLIC : En amoureux, car Amiens compte suffisamment d’endroits romantiques (quartier Saint-Leu, les hortillonnages). Seul ou entre amis pour tous les attraits culturels de la ville et en famille pour des visites au Zoo.
  • LES PLUS : Amiens est une ville à taille humaine. On peut y faire de nombreuses activités sans subir les inconvénients d’une grande ville : circulation, prix élevés, etc.
  • LES MOINS :
    • La ville est assez mal desservie par les trains. Aucun TGV ne vient jusqu’à la gare du centre ville. Il passe seulement à plusieurs dizaines de kilomètres d’ici, à Estrées-Deniécourt, en gare de TGV Haute-Picardie.
    • Malgré les efforts des structures locales, l’offre culturelle amiénoise reste assez faible.
  • UTILE : Office du tourisme d’Amiens
    Adresse : 40, place Notre-Dame – 80000 – Amiens
    Téléphone : 03 22 71 60 50
    Site Web : www.amiens-tourisme.com
    Mail : ot@amiens-metropole.com

Tous les bons plans d’Amiens.

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