Jamais un quartier n’a autant fasciné et inquiété que le Quartier Rouge d’Amsterdam. Il convient ici de lever le voile sur certaines questions que peut se poser le visiteur qui vient pour la première fois à Amsterdam. Beaucoup se demandent s’il est bien raisonnable de loger dans ce quartier.
En fait il est tout à fait adapté pour les petits budgets avec une importante quantité d’auberges de jeunesse plutôt bon marché et il l’est tout autant pour les personnes disposant d’un budget illimité avec plusieurs hôtels de luxe situés à sa périphérie. Le quartier dispose d’une surveillance accrue et des caméras sont présentes à tous les coins de rue. Cependant le touriste naïf qui se promène avec un sac à dos mal fermé et l’appareil photo sur l’épaule sera, comme partout (mais pas plus qu’ailleurs), la proie des pickpockets…
Deux avertissements : il ne faut jamais acheter de drogue dans la rue et il ne faut jamais prendre de photo des femmes en vitrines. Les personnes désobéissantes risqueraient d’y perdre leur appareil photo…
L’origine du Quartier Rouge tel qu’il existe actuellement remonte à l’année 1911 lorsque les bordels furent interdits. Les prostituées, qui devaient tout de même continuer à gagner leur vie, s’installèrent discrètement à leur compte derrière des rideaux fermés. Plus les années avancèrent plus les rideaux s’ouvrirent et les années 1960 et 1970 marquèrent une réelle libération du système avec la lumière rouge et le côté supermarché du sexe que l’on ressent désormais devant les nombreuses vitrines du quartier. Cette politique très pragmatique permet bien sûr un meilleur contrôle des travailleuses du sexe (illégales et mineures sont plus faciles à tracer). Les prostituées bénéficient donc d’une légitimité à part entière et payent d’ailleurs leurs impôts. La prostituée bénéficie de conditions de travail qui lui assurent une plus grande sécurité car elle peut toujours refuser son client si celui-ci ne lui plaît pas et jouit donc d’une certaine indépendance. Pour finir, les conditions de travail des prostituées sont plutôt correctes, avec une salle de bains toujours présente dans la chambre. Il faut finalement signaler que les prostituées du Quartier Rouge sont plus destinées aux touristes et que d’autres îlots ou mini quartiers rouges de la ville attirent une clientèle plus locale. Ces derniers temps, la municipalité a décidé de réduire la prostitution dans toute la ville et surtout d’assainir le Quartier Rouge. Ce dernier a en effet tendance à devenir le quartier poubelle d’Amsterdam diffusant une image touristique tronquée de la ville et attirant souvent les populations interlopes.
Ce projet intitulé Red Light Fashion accueille divers créateurs de mode néerlandais dans les anciens bordels et chambres du quartier et a créé l’événement. Le projet Red Light Design a pris le relais et réunit lui des designers. La municipalité souhaite donc avec ces projets étonnants une prostitution moins importante mais toujours présente et un Quartier Rouge avec des adresses plus sophistiquées alliant des clubs de jazz, des restaurants de qualité, etc. La suite au prochain épisode.
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